Les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 5 : Quelle réouverture pour les musées ?

Les inquiétudes de plusieurs musées exprimées à la suite du confinement du 17 mars au 11 mai 2020 ont conduit la Délégation régionale Bourgogne-Franche-Comté de la Fédération Patrimoine-Environnement à lancer une enquête en avril 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 126 musées, afin d’avoir une vision sur les difficultés, mais aussi sur les besoins. Les 41 % de réponses ont donné lieu à une synthèse diffusée en date du 22 mai 2020.

La crise sanitaire se poursuivant, nous avons procédé à une nouvelle investigation, à partir du même échantillonnage, en reprenant majoritairement le même questionnaire, actualisé des interrogations apparues depuis l’année passée. Le taux de réponses est de 86,5 %, témoignant d’un besoin évident de s’exprimer sur « l’état de l’union », en profitant de l’enquête pour faire part de ses inquiétudes et de ses attentes, voire de ses aspirations.

La situation d’aujourd’hui, avec ses incertitudes, un manque de visibilité évident souvent reproché aux décideurs publics, rend plus nécessaire encore un cadrage politique qui permette le fonctionnement des musées tout en s’inscrivant dans la réussite de la lutte contre le virus.Musée de Bibracte DR

La richesse de la présente démarche tient non seulement à un taux de réponses rarement atteint, mais aussi à la diversité des répondants, par leur statut, leur taille, leur type d’activités, leurs équipements, leur attractivité.

C’est, à notre connaissance, la seule enquête qui se soit adressée à tous les musées quels que soient leur taille, leur objet, leur fréquentation, les services offerts et les équipements.

Les contacts directs avec plus de 90 % des répondants nous confortent sur notre absolu devoir de ne pas négliger ceux que l’on pourrait qualifier de « petits musées ». Forte est la tentation centralisatrice de s’intéresser aux grands porteurs culturels « en agglomération » et d’oublier les territoires ruraux ou de bourgs et petites villes qui paraissent moins essentiels, parce qu’ils sont moins identifiables, moins connus et sans relais réel.

Nous souhaitons que l’éclairage donné par cette consultation puisse constituer des éléments de base avant décisions à venir concernant ces activités qui ne sont pas que culturelles et qui devront être prises au plus haut niveau.

De quoi et de qui parle-t-on ?

L’éventail des musées ayant répondu est très large. Il comprend de grands musées, comme ceux de Dijon, Besançon, Belfort, Sens, Chalon-sur-Saône, Autun, Nevers, Bibracte, des musées labellisés «Musée de France», «Maisons des illustres» ou «Ethnopôles», des écomusées… mais aussi de très nombreux musées plus modestes, sans aucun label, comme l’étonnant Musée de la Pince au Pays Horloger du Haut-Doubs. Sur l’ensemble des répondants, la fréquentation moyenne est de 15 000 visiteurs par an. Notons que 74 % sont situés dans des communes rurales ou dans de petites villes ayant moins de 20 000 habitants. Avec une moyenne de 8 700 visites annuelles, ils accueillent la moitié des visiteurs de l’ensemble recensé. Enfin, pour compléter la présentation, il faut savoir que 55 % sont dans des communes inférieures à 5 000 habitants et accueillent 33 % des visiteurs.

Les musées sont majoritairement bien équipés (voir l’analyse détaillée en partie 2 de l’enquête) ; ils offrent un accueil de qualité, tant par les conditions matérielles de la visite que dans l’accompagnement culturel.

Ils sont fortement présents dans les territoires ruraux. C’est une donnée d’aménagement et d’animation des territoires que l’on pourrait très probablement mieux utiliser. Nous sommes en présence d’un équipement culturel qui ne fait pas partie naturellement des atouts que l’on promeut. Il est peu intégré à la vision d’un développement rural. Or, l’enquête montre qu’avant la crise sanitaire, les sites «ruraux» enregistraient des hausses significatives de fréquentation. 33 % avaient une fréquentation en hausse et 86 % étaient en hausse ou stables. Il conviendrait de
regarder davantage ces musées comme des instruments culturels, patrimoniaux et artistiques, assurant une large présence culturelle dans les zones rurales comme dans les villes de toute taille, mais faisant aussi partie des moyens de valorisation pour aider au développement économique rural et donner une vision plus dynamique et attractive des territoires ruraux.

Sur l’impact de l’année 2020 : Les mesures administratives prises au cours de l’année 2020 pour combattre la pandémie ont bien évidemment conduit à une nette baisse des revenus par les entrées des musées, toutes catégories confondues (hors gratuité habituelle). Elle oscille entre 50 % pour les grands musées à 60 % pour les plus petits, quel que soit le statut, public, associatif ou privé.

Plusieurs musées ont dû mettre leurs activités en sommeil pour éviter la fermeture définitive. Les deux tiers étant tournés vers les écoles, les mesures appliquées aux scolaires ont nettement mis en danger plusieurs d’entre eux.

Une faible part a recouru au chômage partiel, principalement des musées associatifs.

La grande majorité s’est mobilisée pour repositionner les offres au public, communiquer davantage pour continuer d’exister, dans l’espoir d’une réouverture future, et parfois se rappeler aux collectivités qui semblaient les oublier. En illustration (anecdotique ?) : certains ont fabriqué du pain, des gaufres, des pizzas, pour maintenir un lien avec l’extérieur. Près de la moitié a monté des expositions temporaires et ainsi préparer 2021. Après l’inquiétude de mars 2020 et même si elle reste présente aujourd’hui, chacun a cherché à sauver son activité, quel que soit son statut : imagination, travail sur les modes de fonctionnement, réflexion-action sur la communication (contenus et modalités), mise en place d’expositions temporaires réaffectables aux conditions encore inconnues de 2021, toutes activités auxquelles il faut ajouter les tâches de conservation qui restaient et restent indispensables.

Dans la discrétion, les équipes de musées, petites ou grandes, ont réalisé un remarquable travail pour maintenir une activité en 2020, sauver leur musée pour plusieurs d’entre eux, notamment en tentant d’anticiper sur ce que sera 2021. Plusieurs témoignages font état d’une grande fatigue physique et intellectuelle de tous, personnels et encadrement, qu’il sera nécessaire de prendre en compte si l’on veut pouvoir compter sur ces forces opérationnelles de notre culture.

En ce début d’année 2021, plusieurs inquiétudes sont exprimées lors de cette enquête :

En premier, pour les musées associatifs et privés, vient la crainte d’une fermeture en l’absence de visibilité sur 2021. Un musée évoque 100 % de pertes financières, ayant dû réaménager ses horaires et ouvrir gratuitement pour attirer un plus grand public.

En second, le peu d’aide de la Région laisse dubitatif plusieurs musées associatifs sur l’intérêt qu’ils représentent pour ces responsables. La crainte d’un désengagement de l’État auprès des collectivités territoriales accentue cette préoccupation concernant l’incidence de ces mesures sur les subventions et les budgets culturels.

Plusieurs remarques portent sur les ruptures socio-économiques, toutes en lien avec l’activité des musées, résultant de :

  • la fermeture des cafés, restaurants, hôtels essentiels pour attirer un public dans l’espace rural ;
  • l’absence des manifestations rurales (marchés, vide-greniers, foires, fêtes locales,
    concerts…) qui ont écarté des petits musées de campagne de possibles visiteurs;
  • l’incompréhension de la prolongation de la fermeture des musées, face aux commerces (où le risque sanitaire est souvent plus élevé) et aux autres établissements culturels ouverts (bibliothèques, archives, qui peuvent proposer des expositions à leurs lecteurs).

Sur les mesures immédiates, les musées affirment avoir besoin des aides suivantes :

  • Une aide au maintien des emplois pour 15 %, notamment pour faire face à la reprise qu’ils espèrent en 2021 ;
  • Une aide en matière de communication, notamment pour être relayés sur les réseaux sociaux et sur des plateformes officielles ;
  • Une recherche de mécénat ;
  • Une aide scénographique (13 %) ;
  • Une aide à une adaptation des locaux aux mesures sanitaires (jauge, flux des visiteurs, gestion des entrées, vestiaire, accès aux toilettes, fourniture de masques et de gel…) ;
  • La création d’un lieu de partage et de coaching qui ne semble pas exister aujourd’hui.

Sur les instruments de la réouverture : Les musées sont majoritairement défavorables à des conditions d’ouvertures liées à un passeport sanitaire, mais ils sont plutôt favorables à la tenue d’un registre des visiteurs.

Pour lire l’ensemble de l’enquête

Partie 2 : Avant la crise

Les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 6 : quelles préconisations ?

Les résultats de l’enquête sont riches en pistes à suivre.

Sur l’ouverture

Le fonctionnement, les contraintes sont différentes selon la taille des musées, les surfaces occupées, le personnel bénévole ou salarié, les activités proposées… Les modalités de gestion et d’accueil des musées municipaux ne sont pas ceux des musées associatifs ou privés.

Des solutions communes sont possibles, mais la différenciation sera nécessaire. On ne pourra définir des seuils et des modalités d’ouverture sans avoir la connaissance des sites auxquels s’adressent les mesures à appliquer. La mise en place d’instructions générales, s’appliquant uniformément à tous, reviendrait à ne tenir pas compte des spécificités. Or, l’enquête a permis de mesurer combien les sites sont divers, tous intéressants et recherchés, aptes à capter les visiteurs… à condition de leur permettre d’être ouverts.

Les mesures gouvernementales ne peuvent tenir compte de la multiplicité des situations. Il faut donc, dans un cadre général, déconcentrer les mesures au niveau préfectoral, voire des sous-préfectures, avec un contrôle de cohérence, pour tenir compte de la diversité des situations. Une ouverture réussie passera par la mise en œuvre délocalisée, adaptée, sur des objectifs partagés ; ne s’améliore durablement que ce qui se co-construit.

Il faut de la lisibilité, ce qui n’est pas le fort des décisions actuelles, et de l’anticipation, surtout pour monter des expositions temporaires, travailler sur le faire-venir, organiser la communication, prévoir son temps de latence. Le manque de lisibilité et le manque d’anticipation concernant la réouverture sont particulièrement pénalisants. Il faut disposer de tous les éléments « comme si on ouvrait demain ». Cette anticipation sera d’autant plus facile que le pilotage sera délocalisé.

Sur des mesures immédiatement opérationnelles

  • Développer (tout en respectant un protocole sanitaire suffisamment stricte) la fréquentation par les groupes scolaires, ce qui aurait l’avantage de maintenir une activité d’intérêt général certain. Pour cela, une liaison avec l’enseignement devra être organisée, soit au niveau départemental, soit avec les rectorats, comme cela est, par exemple, pratiqué dans le cadre des opérations EAC (Education artistique et culturelle dans les écoles et collèges).
  • Engager un travail sur le fléchage des musées, mieux indiquer leur situation par des panneaux directionnels sur les voies publiques qui manquent le plus souvent, surtout en zone rurale.
  • Avoir un référent au niveau des collectivités dans les territoires où cela est nécessaire. Ces propositions, non exhaustives, peuvent être mises en place très rapidement.

Sur la communication

Avoir un espace accueillant, des collections remarquables, un dispositif sanitaire de premier ordre ne suffit pas si le visiteur n’est pas au rendez-vous. La communication et la médiation sont essentielles pour faciliter la circulation de l’information, établir une relation avec le visiteur en devenir, donner une compréhension des expositions, constituer les éléments d’une pédagogie dynamique, faire connaître, intéresser, sensibiliser, donner envie. Il est souhaité une organisation de la communication plus structurée en incluant tous les musées. Les efforts louables et de qualité des organismes touristiques doivent être systématisés et étendus à tous
les sites. Nous aurons alors, non seulement un « faire venir » plus important, mais aussi une animation des territoires ruraux et des impacts économiques certains. Les responsabilités en matière de tourisme conjointement avec celles de la culture sont à penser davantage en transversalité.

Cette enquête a eu pour but de donner la parole aux musées, notamment ceux que l’on entend peu, que l’on ne voit pas tant ils sont petits, et qui pourtant participent à la vie économique et sociétale de notre pays.

L’étendue des réponses témoigne d’un réel besoin de prise en compte de leur situation, des efforts silencieux faits depuis des années, et plus spécialement en 2020, avec l’objectif de présenter des objets, des œuvres d’art, des collections qui donnent sens à celui qui vient les découvrir.

Tous ces musées ont témoigné. Dans le cadre tracé, leur action a été difficile, mais réussie. Leur seul but, dans le respect du prochain, est de pouvoir rouvrir rapidement pour vivre leur passion et l’offrir aux visiteurs. Il convient maintenant d’entendre et de comprendre ce qui a été dit.

Pour lire l’ensemble de l’enquête

Partie 2 : Avant la crise

Les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 7 : une réflexion sur la pérennité des musées

L’enquête a révélé des fragilités qui sont accentuées par la crise sanitaire et qu’il faudra intégrer dans des visions de développement des territoires.

Nombre de musées ont recours à des bénévoles, souvent âgés. Personnes à risque aujourd’hui dans le cadre de l’actuelle réflexion sur la pandémie, ils sont aussi des acteurs qui, à terme, ne pourront plus assurer le fonctionnement de ces structures, le plus souvent associatives. Il y a un besoin vital de trouver des porteurs plus jeunes.

Certes, ce n’est pas le rôle réglementaire des collectivités de pourvoir au remplacement de cet encadrement, cependant il sera indispensable de trouver des solutions, sous peine de voir disparaître des associations culturelles comme on peut déjà le constater, donc aussi des musées. Sans être le fond de cette enquête, on rejoint toutefois la problématique finale qui est de maintenir le tissu des musées tel qu’il était avant la pandémie. Dans une réflexion sur des solutions possibles, il n’est pas impensable que des mesures nationales puissent venir inciter à cette orientation des plus jeunes. L’avenir est dans un changement de paradigme.

Les musées sont une des clés de voûte du dispositif sociétal. Ils rapportent directement peu financièrement ; ils coûtent, mais ils sont un des piliers de la Culture et un levain indispensable pour l’attractivité touristique des territoires ruraux comme des villes de toute taille. Il est probablement temps de repositionner durablement la culture, le patrimoine, les arts qui ont toujours été, en toile de fond, les bases des civilisations.

Il faut rappeler que notre fédération, engagée depuis trois ans dans l’Education artistique et culturelle (EAC), aux côtés des enseignants, peut témoigner de la manière dont la compréhension du patrimoine, de la culture, des arts, participent directement à une évolution effective de la socialisation des jeunes, réalisée à travers les chantiers ainsi menés. Il suffit d’entendre leur témoignage pour comprendre l’importance et la solidité de la culture apportée par ces travaux de proximité associative.

Donner des références et un passé est essentiel pour tous, y compris pour des jeunes générations qui sont amenées à se chercher à travers des phénomènes de groupe, à défaut de se trouver un passé qui leur est proposé. Et pourtant, il est accessible tout près de chez eux par la culture, le patrimoine, l’histoire concrètement présents au sein des musées. Il ne faut donc pas abandonner ceux qui se dévouent pour faire vivre ces équipements culturels, mais au contraire les renforcer au cœur des territoires. Au-delà de les aider à passer une période sanitairement, humainement et économiquement difficile, cette enquête doit être l’opportunité de renouveler notre l’ambition d’en faire un vecteur privilégié dans les activités de transmission intergénérationnelle.

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Partie 2 : Avant la crise

Les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 2 : Avant la crise

La fréquentation

En cohérence avec les 86,5 % de réponses et avec la représentativité de l’échantillon, l’étendue est importante, allant de 316 000 visiteurs par an à… 100 visiteurs annuels.

La fréquentation moyenne sur le territoire par site est 15 000 visiteurs par an, sachant qu’il convient de tenir compte de l’influence des plus grands sites. Les 74 % des musées situés en milieu rural, petites villes ou bourgs représentent une moyenne de 8 700 visiteurs par an.

Sur l’ensemble, 83% des musées ont un visitorat stable (48 %) ou en progrès (36 %) sur les dernières années avant la pandémie.

Les trois catégories de sites se partagent les hausses à la même hauteur de 12 % chacun. Se sont des sites que l’on peut considérer majoritairement comme thématiques, illustrant un personnage célèbre, un savoir-faire, une technique ou technologie mondialement reconnue, un ancrage historique unique, un fait ayant
marqué notre humanité… Les musées relevant des beaux-arts se partagent cette hausse à égalité avec les autres thématiques, avec une mention spéciale pour le musée de la capitale régionale qui a été entièrement rénové pendant la décennie précédente.

Notons qu’il n’y a pas de localisation particulière, ce qui invite à penser à une évolution plutôt générale de l’appétence de nos concitoyens. C’est aussi le moyen de découvrir les territoires notamment ruraux, justifiant les équipements en cafétéria ou les simples distributeurs si « l’on part » pour la journée.

Sur les sites recevant moins de 5 000 visiteurs par an

Nous avons réalisé des sous-découpages afin de restreindre le champ d’analyse et de donner une interprétation plus fine des situations rencontrées.

  • 20 % des musées reçoivent moins de 1 000 visiteurs par an.
    • Si 15 % d’entre eux sont en baisse, 25 % sont en hausse et 60 % affichent une belle stabilité.
    • Les sites en hausse sont thématiquement semblables à ce qui a été décrit ci-dessus. La taille ou la situation géographique ne sont pas les facteurs explicatifs.
    • Cependant, il apparaîtrait qu’une mention dans un guide ou un ouvrage de référence puisse être un déclencheur de visite.
    • De même, un site Internet est incitatif à la visite.
  • 25 % reçoivent entre 1 000 et 4 999 visiteurs par an.
    • 26 % d’entre eux enregistrent une hausse, 56 % sont stables et 18 % sont en baisse de fréquentation.
    • On constate que la majorité des sites en croissance concerne des musées associatifs (72 %).
    • On peut appliquer les mêmes remarques relatives au faire connaître. Il apparaît que le sujet proposé et une communication sur les réseaux sociaux sont de nature à développer le visitorat.
    • A noter que la période d’ouverture n’est pas discriminante. En revanche, on ne connaît pas l’incidence d’une modification, en plus ou en moins, de la période d’ouverture sur la fréquentation.

Sur les sites médians de 5 000 à 14 999 visiteurs par an

  • 16 % des musées reçoivent entre 5 000 et 9 999 visiteurs par an. 41 % d’entre eux affichent une hausse et 59 % ont une fréquentation stable. Aucune baisse n’est enregistrée dans cette sous-catégorie.
  • 7 % reçoivent entre 10 000 et 14 999 visiteurs par an. 42 % sont en hausse ; aucune baisse n’est enregistrée.

Sur les sites supérieurs à 15 000 visiteurs par an

  • 19 % reçoivent de 20 000 à 50 000 visiteurs par an, dont 45 % affichent une hausse et 35 % sont stables.

Relation entre visitorat et taille de la commune

Il nous est apparu qu’il pourrait être utile de trouver des concordances explicatives sur les raisons de la fréquentation. Une première idée serait de vérifier s’il existe une liaison entre ces visites, notamment leurs évolutions, et la taille de l’agglomération support.

La réponse se trouve dans les graphiques qui suivent, mettant les populations en abscisse et les visitorats en ordonnées.

Sur les sites inférieurs à 4 999 visiteurs par an 

Le graphe établit clairement que la distribution est aléatoire : le nombre de visiteurs ne tient pas compte de la population de la commune. Ainsi, à l’intérieur de cette catégorie, une commune de 378 habitants ou une commune de 7 400 habitants peuvent avoir un musée qui reçoit également 2 600 visiteurs par an en moyenne.

Le visitorat se décide bien évidemment selon d’autres critères, attachés à l’objet même du musée, mais confirmer que l’importance de la commune n’influence aucunement son choix n’est pas sans intérêt pour le développement des territoires. Cela donne toutes leurs chances aux petites communes de pouvoir participer au développement culturel en pleine ruralité.

La même approche sur les autres catégories donne un résultat similaire. Ce graphe des « petits musées » est parfaitement transposable et conduit au même constat.

Sur la catégorie « musées médians »

Sur les musées supérieurs à 15 000 visiteurs / an

Ainsi, les facteurs clés de succès ne sont pas liés une implantation dans un milieu à forte densité de population, mais résultent de bien d’autres éléments comme le sujet même de la proposition faite au visiteur, des objets d’exception quelle que soit leur nature, la qualité et le rafraîchissement des messages, leur ciblage, la médiation en général, une scénographie adaptée, un fléchage proactif des lieux, un faire-venir efficace, une intégration dans l’ensemble du dispositif institutionnel régional, voire national, notamment touristique, mais aussi dans les réseaux culturels, une notoriété acquise au fil des années,…

La typologie des visiteurs

  • Près des deux-tiers sont des visiteurs individuels adultes (62 %). Un autre tiers du visitorat (32 %) est constitué par des groupes sur réservation.
  • 67 % des musées accueillent des groupes scolaires, quasi uniformément répartis sur les trois catégories. Ils représentent 17,3 % du visitorat pour les musées supérieurs à 15 000 visiteurs par an, 17 % pour les musées « médians » et 19 % pour les « petits musées ».
  • L’immense majorité des musées accueille surtout des visiteurs français en temps normal, 86 % en moyenne, mais ce chiffre cache des disparités non négligeables. Un seul musée déclare formellement un visitorat entièrement français, tandis que 16 % des musées déclarent de 20 % à 67 % de visiteurs étrangers. Ils sont pour la plupart thématiques et situés non seulement dans des zones très touristiques,
    mais aussi dans des zones rurales hors des grands axes.
  • Si l’on peut se féliciter de recevoir principalement des habitants de la Région Bourgogne-Franche-Comté, le taux d’accueil des 14 % d’étrangers n’est pas sans poser question.

Parmi les visiteurs étrangers, on retrouve tout d’abord les principales clientèles européennes du tourisme régional : Allemands, Belges, Suisses, Néerlandais et Britanniques.

  • Les Allemands arrivent en tête avec 59 citations dont 24 en 1e position, 21 en 2e et 14 en 3e, devant les Belges avec 56 citations (respectivement 17 puis 19 puis 20).
  • Les visiteurs suisses, particulièrement présents dans les départements frontaliers et en Bresse, ainsi que les Néerlandais, ressortent ex-aequo comme 3es publics
    étrangers des musées avec 39 citations pour chacune des deux nationalités, les Suisses étant cités 15 fois en 1e position, 16 fois en 2e et 8 fois en 3e position, et les Néerlandais 11 fois en 1e position, 18 fois en 2e et 10 fois en 3e.
  • Les Britanniques, enfin, sont 5es avec un total de 28 citations (10 en 1e position, 8 en 2e et 10 en 3e).
  • Quelques mentions concernent des visiteurs d’autres pays européens (Espagne, Italie, pays scandinaves) et extra-européens (Etats-Unis, Australie).

Les moyens en personnel

L’Equivalent Temps Plein (ETP) est une information simple à appréhender, tout en ayant une bonne corrélation avec l’activité principale.

Les associations ont peu d’ETP salariés puisque la moyenne s’établit à 2,2 ETP contre 11 ETP pour les musées relevant de collectivités. Les associations emploient en moyenne 4,65 ETP bénévoles contre 0,7 pour les « municipaux » et assimilés. Elles font appel à 0,4 ETP saisonniers, contre en moyenne 4,2 ETP saisonniers aux musées municipaux, départementaux ou intercommunaux. Au global, l’ETP moyen ressort
à 10,95 agents.

Par catégories, les résultats sont les suivants :

  • Sur les sites < 5 000 visiteurs /an :

    • ETP permanents 4,8

    • ETP bénévoles 5,9

    • ETP saisonniers 2,6 8

  • Sur les sites de 5 000 à 14 999 visiteurs/an  :

    • ETP permanents 5,36

    • ETP bénévoles 1,7

    • ETP saisonniers 2,7

  • Sur les sites > 15 000 hors très grands régionaux :

    • ETP permanents 14,3

    • ETP bénévoles 3,25

    • ETP saisonniers 4,3

Les recettes

Les entrées

Le poids moyen des entrées dans les recettes exclut les musées dont les entrées sont gratuites, souvent hors expositions temporaires, ainsi que plusieurs réponses erronées (total des recettes supérieur à 100 %). Pour ce qui concerne les réponses exploitables, le taux moyen de recettes dues aux entrées est de 39 %, influencé en cela par celui de petits musées qui affichent un niveau de 100 % des recettes pour équilibrer leur budget. En les extrayant, nous retrouvons le taux de 31 %, résultat obtenu lors de l’enquête précédente réalisée en mai 2020.

Les boutiques

En excluant celles qui contribuent à moins de 1 % à l’équilibre budgétaire, nous obtenons un taux moyen de 20 % de la part des recettes dues aux boutiques.

Les subventions

Subventions locales

Le budget des musées municipaux est par construction équilibré par la collectivité. Aussi, nous nous attacherons ici aux aides reçues par les associations au titre de subventions locales, départementales, régionales et de l’Etat.

24 % des associations déclarent recevoir des subventions de leur commune ou intercommunalité, qui se répartissent comme suit :

  • 9 % reçoivent une subvention moyenne de 4,8 %
  • 6,5 % reçoivent une subvention moyenne de 13,7 %
  • 4 % reçoivent une subvention supérieure à 20 % (sites à faible fréquentation)

Subventions départementales

  • 15 % des musées obtiennent des subventions départementales concourant à 7 % de leur budget. En excluant le quartile le plus élevé, le taux moyen d’aide départementale est de 5 %.

Subventions de l’Etat et de la Région

  • 6,5 % des sites obtiennent une aide de l’Etat et / ou de la Région, en moyenne à hauteur de 11 % de leur budget.

Par catégorie, tout rattachement confondu, l’affectation des subventions se fait comme suit :

  • Petits musées, visitorat < 4 999 :

    • 26 % ont des subventions locales

    • 11 % ont des subventions départementales

    • 8,4 % ont des subventions de la Région ou de l’Etat

  • Musées de [5 000 ; 14 999]

    • 11 % obtiennent des subventions locales

    • 7,4 % ont des subventions départementale

    • 8,4 % ont des aides régionales ou de l’Etat

  • Musées ≥ 15 000 entrées

    • 12 % ont des aides locales découlant de leur régime municipal

    • 5,6 % ont des aides départementales ou intercommunales

    • 9 % ont des aides de la Région ou de l’Etat

Pour lire l’ensemble de l’enquête

Partie 2 : Avant la crise

Les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 4 : Les projections et les attentes pour 2021

Sur les capacités à rebondir des musées de Bourgogne-Franche-Comté

  • 34,5 % estiment pouvoir ouvrir normalement en l’absence de confinement et selon les protocoles connus actuellement.
  • 58 % pensent ne pas ouvrir à la date habituelle.
  • 8 % ont indiqué que l’ouverture dans les conditions actuelle est non rentable.
  • 48 % des musées comptent sur la mise en place d’expositions temporaires pour relancer leur fréquentation.
  • 48 % espèrent une reprise, tout en restant inquiets puisque 57 % sont préoccupés par une fréquentation qui pourrait être en retrait en regard des années précédent le COVID.
  • Alors que 14 % estimaient que l’année 2020 serait une catastrophe pouvant entraîner leur disparition… parmi ceux qui ont répondu, seuls 4 % estiment que l’année à venir peut les voir disparaître.

Il n’a pas été possible de contacter les «pessimistes 2020», mais nous avons pu constater que plusieurs ont décidé de rester fermé en 2020 et en ce début 2021, ce qui est cohérent avec la difficulté à les interroger. Auront-ils toutefois la possibilité de « repartir » ?

Sur les attentes des musées de Bourgogne-Franche-Comté

  • 14 % souhaitent une aide à l’emploi. Le niveau d’intervention et l’effort demandé ne sont pas précisés.
  • 50,5 % expriment le besoin d’avoir une aide dans le domaine de la communication, renouvelant ainsi la demande déjà formulée et non satisfaite en 2020.
  • 14 %, en difficulté, ont besoin de subventions plus élevées pour faire face au défi de 2021, voire pour 2022. La demande est formulée autant par de petits musées de quelques centaines de visiteurs que par des musées accueillant 20000 visiteurs qui ont actuellement des niveaux de subvention de 30 à 50 %.
  • 19 % espèrent un mécénat plus actif pour leur venir en aide, partagés à égalité entre les classes 0 à 4 999 entrées et 5 000 à 70 000 entrées contre 24 % en 2020.
  • 12 %, concernant des musées de 3 000 à 70 000 entrées, demandent une aide scénographique.

En conclusion : L’essentiel des attentes porte sur la communication et sur l’aide à la scénographie. Il nous semble impératif d’y donner suite, soit à travers des structures existantes, soit, devant cette situation exceptionnelle, en faisant appel à une task-force provisoire durant la remise à flot des musées

Pour lire l’ensemble de l’enquête

Partie 2 : Avant la crise

Les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 1 : Les musées enquêtés

Comme en 2020, la taille du visitorat est la caractéristique la plus discriminante. Nous avons défini trois groupes :

  • Groupe 1 : Musée de fréquentation inférieure à 4 999 entrées par an.

  • Groupe 2 : Musée dont la fréquentation est comprise en 5 000 et 14 999 entrées par an.

  • Groupe 3 : Musée dont la fréquentation est supérieure à 15 000 entrées par an.

Quel échantillonnage ?

L’enquête porte sur un échantillon de 126 musées. Leur répartition, selon les derniers chiffres de fréquentation connus antérieurs à 2020, est la suivante :

  • Sites inférieurs à 5 000 entrées : 54 %
  • Sites compris entre 5 000 et 15 000 entrées : 26 %
  • Sites supérieurs à 15 000 entrées : 20 %

Le panel des répondants respecte au mieux cette répartition en se conjuguant avec une distribution équilibrée. C’est ainsi que l’on obtient la ventilation suivante :

  • Sites inférieurs à 5 000 entrées : 51 %
  • Sites compris entre 5 000 et 15 000 entrées : 25 %
  • Sites supérieurs à 15 000 entrées : 24 %

Le statut du musée

Les répondants sont le plus souvent communaux ou intercommunaux en gestion directe (53 %) ; viennent ensuite les associations (35 %), certaines étant en gestion déléguée ; 11 % sont des musées privés.

40 % sont labellisés « Musées de France » ; 6 % sont classés « Maison des illustres » et 2 % sont « Ethnopôle ».

Un report de leur localisation sur une carte de la région confirme leur bonne répartition, qui est, bien évidemment, aussi corrélée à la densité des musées selon les territoires.

L’accueil et les équipements offerts

L’ouverture

Les périodes d’ouvertures sont très variables. Cependant, un peu moins de la moitié sont ouverts toute l’année, principalement des musées municipaux (33 %) ; les musées associatifs participent à hauteur de 10 % et les musées privés de 6,5 %. Ils ne sont que 14 % à fermer durant la période d’hiver, avec une répartition indépendante du statut et de la taille.

Les équipements

Les trois-quarts des musées disposent d’un parking pour voitures et / ou autocars. Il s’agit principalement des sites hors grande agglomération. 62 % possèdent une boutique et 22% une cafétéria ou un distributeur automatique.

A noter que 43 % des musées disposent de lieux de verdure comme des parcs ou jardins.

Pour la visite en elle même, tous ne proposent pas les mêmes services. Plusieurs musées, nécessitant des commentaires, des témoignages ou une interactivité avec des compétences, ne proposent que des visites guidées (12 %). La moitié ne met pas à disposition de documents de visite autres que les cartels ou panneaux explicatifs dans les salles. Les visiteurs bénéficient d’audioguides ou de présentation audiovisuelle pour 16 % des lieux.

Pour lire l’ensemble de l’enquête

Partie 2 : Avant la crise

Notre enquête sur les effets de la crise sanitaire sur les musées de Bourgogne-Franche-Comté. Partie 3 : Focus sur l’année 2020

Mis en avant

Sur l’ensemble des musées, en excluant ceux qui ont dû fermer en 2020 (environ 7 % selon nos estimations), la perte d’entrées a été de 54 % en nombre et de 56,8 % en valeur.

Si l’on segmente par catégories, on obtient une perte financière de :

  • 59,1% pour les musées ayant moins de 5 000 entrées
  • 59 % pour les musées ayant entre 5 000 et 14 999 entrées
  • 50,5% pour les musées supérieurs à 15 000 entrées

Pour les musées associatifs et privés

Leur cas est sensible, car ils ne sont pas adossés à une structure qui peut compenser les pertes subies, comme cela peut être le cas des musées municipaux.

On peut estimer les niveaux de pertes comme suit :

  • 59,6 % pour les musées inférieurs à 5 000 entrées
  • 58,9 % pour les musées de 5 000 à 14 999 entrées
  • 56,6 % pour les musées ayant une fréquentation supérieure à 15 000 entrées par an

Les niveaux de pertes financières sont semblables à ceux de l’ensemble des musées. Il n’y a pas de corrélation entre les pertes et le régime juridique, ni même la taille car les taux constatés sont équivalents.

Une légère note d’optimisme

Les contraintes réglementaires ont eu pour conséquences de conduire à une fréquentation de proximité aboutissant à un taux de visiteurs français plus élevé… mais cela ne compense en rien les pertes subies, et n’ouvre pas sur les visiteurs étrangers qui peuvent constituer une réserve de croissance à rechercher.

Sur le fonctionnement

  • 25 % ont eu recours au chômage partiel
  • 56 % ont rencontré des problèmes dus aux contraintes techniques de mise en
    œuvre du protocole sanitaire
  • 12 % se sont déclarés éligibles au Plan de Relance

Pour lire l’ensemble de l’enquête

Partie 2 : Avant la crise

Les alentours méconnus de Vézelay, le 26 septembre 2020

Après une bien longue période sans visite, nous sommes heureux de nous retrouver pour découvrir les alentours de Vézelay, grâce à tous ceux qui ont organisé cette belle journée.

Rendez-vous était pris devant l’église Notre-Dame de Saint-Père sous Vézelay. Avec l’aide de Catherine Gras nous allons découvrir les trésors de ce chef d’œuvre de l’art gothique flamboyant ; l’église a été achevée en 1455 et placée sous le patronage de St Pierre aux liens au XVIe siècle ; nous admirons le fronton qui a pu servir de modèle à celui de Vézelay et le porche ou narthex et ses nombreux personnages sculptés. La nef est sobre et élégante, les bas-côtés forment un déambulatoire autour du chœur, avec cinq chapelles rayonnantes. Des figurines et feuillages ornent certaines colonnes, les fonts baptismaux sont carolingiens.

Après cette belle visite nous partons vers les Fontaines Salées : visite du site archéologique et du centre d’accueil et de découvertes. Des sources salées y ont été exploitées à partir du néolithique ; un sanctuaire y a été édifié au 1er siècle, complété d’un établissement thermal jusqu’au 4e siècle.

Après un bon déjeuner qui nous a bien réchauffés et rendu des forces nous allons voir les deux ponts qui ont donné son nom au restaurant. (photo 6)

Catherine Gras nous fait ensuite découvrir l’église Saint-Jacques le Majeur d’Asquins, située sur une colline en face de celle de Vézelay, et inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Compostelle. L’église date du XIIe siècle et a été très remaniée jusqu’au XVe siècle. Dans la sacristie nous admirons des fresques du XVe siècle, découvertes en 1967 : le martyre de St Sébastien et la vie de St Eloi, une procession. Les piliers sont entourés de boiseries du XVIIIe siècle, et nous pouvons admirer de nombreuses peintures sur bois, sur toile ou sur pierre, ainsi que les statues de la même époque.

Et enfin nous allons visiter l’église Saint-Germain de Vault de Lugny. L’église date probablement de la 1ère moitié du XVIe siècle ; elle est ornée de magnifiques fresques du XVIe siècle, restaurées récemment, consacrées à la passion du Christ ; nous admirons aussi d’autres peintures murales sur les murs, un Christ en bois polychrome, le maitre autel et la chaire réalisés au XIXe siècle ; et le dallage de l’église constitué de pierres tombales d’avant 1750.

Après cette grande journée passionnante nous nous séparons en espérant nous revoir bientôt.

Merci à Catherine qui nous a accompagnés dans les visites de ces belles églises, et un grand merci à tous les organisateurs de ces beaux moments ;

 

Le musée Lucien Roy de Beure, consacré aux combattants de la Guerre de 1870 à la Guerre du Golfe

Le musée Lucien Roy est un musée privé, situé dans la localité de Beure à 5 km de Besançon. 

Les douze salles du musée Lucien Roy contiennent de riches collections depuis la Guerre de 1870 jusqu’à la Guerre du Golfe : plus de deux cents mannequins en uniformes, des armes de toutes sortes (neutralisées) et des munitions, des écussons, décorations et insignes, des tenues, casques, képis…des témoignages écrits, de très nombreuses cartes postales et lettres, des affiches, des maquettes et toutes sortes d’objets ayant appartenu à des militaires. Ces collections permettent de vivre avec le combattant les différents conflits, les documents sont le plus souvent des originaux, certains sont très rares. La plupart proviennent de dons et racontent « une histoire » celle du donateur. Ces documents sont très intéressants pour les scolaires et les militaires dans des rubriques différentes et c’est ce qui constitue la richesse du musée.

Pour visionner un clip consacré au musée.

Lucien Roy, oncle du créateur de ce musée, était un poilu de la Grande Guerre, blessé, fait prisonnier, il meurt en 1915. Son neveu, Jean Cretin, ancien résistant et militaire (Indochine, Algérie) a commencé à rassembler des « souvenirs » personnels, puis a recueilli des dons de ses collègues, de ses amis, de relations…le tout prenant une importance qu’il n’avait pas imaginée au début. Il en a fait un musée auquel il a donné le nom de son oncle pour perpétuer le nom de la famille qui disparaissait.

Le musée Lucien Roy est géré par une Association (loi 1901), constituée uniquement de bénévoles et n’ouvre qu’à la demande pour les groupes (à partir de 5 personnes) et pour les journées commémoratives : autour du 8 mai et du 11 novembre. Chaque année, il ouvre gratuitement ses portes pour les Journées du Patrimoine de septembre. Les visites sont commentées par un professeur d’histoire, des militaires ou des armuriers.

Les véritables trésors du musée de la Pince à Montéchéroux [Doubs]

Franchir la grille du musée de la pince, c’est pénétrer la mémoire du village, c’est emboîter le pas aux virtuoses du marteau et de la lime qui, voilà plus de deux siècles, fabriquèrent une infinie variété d’outils et de pinces selon une technique originale pour répondre à toutes les demandes des plus classiques aux plus farfelues.

Ce musée est un authentique document qui perpétue le savoir-faire de ceux qui ont investi leur intelligence, leur ingéniosité, leurs forces dans la fabrication d’outils aussi parfaits que variés

Il contient de véritables trésors : les vitrines d’exposition, reflet de la production d’alors, celle qui a porté le renom de Montécheroux à Hanoï en 1887 lors de l’exposition coloniale des comptoirs de l’Annam et du Tonkin et qui a été récompensée à l’exposition universelle de Paris en 1889 ; celles mobiles, qui devaient séduire la clientèle aux foires de Bâle, de Stuttgart ou d’ailleurs.

Pour en savoir plus, un petit film

Si ces merveilles trônent aujourd’hui au musée, on le doit à la ténacité de François Armbruster, ancien directeur de F.M.X (Forges de Montécheroux) qui a su faire en sorte qu’elles témoignent publiquement et de façon durable du talent des hommes et des femmes d’ici .

Presque la totalité des objets exposés appartenaient au patrimoine des usines.

Quelques dons personnels ont peu à peu complété ces richesses : les miniatures de Rodolphe Lamy, d’Armand Dormois, de Charline, la collection de Francis Ritter …

Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un profond respect du passé. » RENAN

Ce musée force le respect à l’endroit de ces ouvriers qui dans des conditions matérielles particulièrement pénibles, ont su créer, s’organiser, s’adapter à la demande, utiliser les énergies nouvelles et les moyens de communication pour faire leur place dans la société des hommes, ont réussi à faire admettre le nom de leur collectivité de Tokyo à New-York, en passant par Buenos-Aires, Montévidéo et l’Afrique du Sud…

Il atteste le dynamisme de ceux qui ont organisé à travers le monde entier, la distribution de ces produits dont ils étaient fiers.

Il incite à une singulière modestie : les générations actuelles qui disposent d’une technologie sophistiquée, de moyens de transport rapides, de la connaissance des langues, d’une publicité agressive et convaincante par la multiplicité des médias, sont parfois incapables d’aller vendre leur production sur le trottoir d’en face, éprouvant par là-même la vanité de fabriquer.

Il incite à la nostalgie : 350 ouvriers, une activité bourdonnante, 1200 habitants, le chant joyeux du marteau sur l’enclume, la lumière sécurisante des feux de la forge…Alors qu’aujourd’hui…

Sur le Lomont verdoyant et fleuri, le musée vous accueille à nouveau avec des aménagements pour rester prudents . Réservation préalable et port du masque.
Démonstration de forge les dimanches et jours fériés